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*Compilation : Mythologies nordiques

MYTHOLOGIES NORDIQUES





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Huan, Sauron et Finrod



la Destinée ne peut pas être modifiée

Pierre-Alexandre Paque - 27/04/1999

Huan fut certes créé, et reçut un destin ; sa mort fut prédite bien avant tout ; il devait mourir des crocs et griffes du plus grand loup (qui s'avère être Carcharoth) qu'Arda porta. Sauron, qui connaissant bien cette destiné se transforma en "Sauron-le-Loup" mais ne réussit pas à défaire son ennemi.
Sauron ne put - même avec ruse - changer sa destinée, et c'est certainement a cause de celle ci que les obstacles ne peuvent lui résister ; il ne peut mourir avant les prédictions.



Sauron et la Destinée

Alain Anselmet - 28/04/1999

Là je crois que c'est ce qui me convient. Sauron, ne peut aller contre la Destinée. Nous sommes vraiment dans la mythologie grecque... En fait les Valar ne font des prédictions, pas par eux-mêmes, mais parce que la Vision leur vient d'Eru lui-même... Et dans ce cas, Valar ou Maiar, tous doivent s'incliner !



mythologie grecque ou nordique ?

CĂ©dric Fockeu - 28/04/1999

Grecque peut-être, sauf que Tolkien ne s'est à mon avis pas trop inspiré de cette mythologie mais plutôt de celle des pays nordiques. La mythologie nordique est malheureusement fort peu connue. Pour ce qui est de lutter contre le destin, Odin l'a fait jusqu'à sa fin. Odin a lutté et prévu toute sa vie durant le "Ragnarök", c'est-à-dire le "Crépuscule des Dieux". Tout comme Sauron et Morgoth, Odin n'a pu éviter ni changer son destin. Il a péri, de même que tous les Ases lors du Ragnorök. Ragnarök qui est survenu à cause de Loki, dieu du feu (ca vous rappelle quelqu'un ?).
Loki, seul Ase pervers, méchant et même mauvais. C'est à cause de lui que Balder meurt. C'est lui également qui engendre le loup monstrueux Fenrir (un cousin bien proche de Carcaroth). Fenrir qui tranchera la main de Tyr...



Destin annoncé

Claire Panier-Alix - 28/04/1999

Je ne suis pas d'accord avec toi à propos d'Odin et des autres Ases ; dans l'Edda il est clairement expliqué que la caractéristique première des Ases était d'avoir toujours su comment et quand viendrait leur fin, ce fameux Crépuscule qui constitue à mon avis l'une des plus belles légendes originelles (je parle de la version originale, scandinave, rapportée par Snori, et pas de sa version germanique, Wagnerienne). Bref, il me semble que cette histoire de destin inexorable se conçoit justement comme cela : vivons, puisque nous savons que nous mourrons. Ils n'ont pas lutté contre leur destin, et chaque épisode, chaque aventure jusqu'à la bataille finale, était prévu, ou plutôt annoncé, et jalonnait leur existence, et leur avenir. Ils savaient vers où ils allaient, et dans cette scène magnifique où ils se préparent pour la fin, et combattent, tombent un à un de la façon qui était annoncée, ils continuent, sans espérer changer le cours du destin, mais un peu résignés quand même. S'ils avaient lutté contre ce destin, sachant par exemple de quelle façon untel allait mourir, n'auraient-ils pas évité de se mettre dans la situation de ce scénario ? On ne met pas son point dans la gueule d'un loup quand on sait qu'on mourra dévoré par lui ! Néanmoins, dans une logique plus tolkiennienne, je dirais que malgré un destin écrit par avance, il faut faire de son mieux, et ne pas se résigner.



résignation

CĂ©dric Fockeu - 28/04/1999

Certes les Ases connaissaient leur destin mais je crois tout de même qu'on peut dire qu'ils ont essayé ardemment de ne pas se laisser dicter leur perte. Odin et Freyja, ne causent-ils pas la mort des meilleurs gardiens pour les garder avec eux au Walhalla ? Ces guerriers devant aider Odin lors du Ragnarök. Comme tu le dis fort justement, les Dieux Nordiques ne sont pas résignés. Ils espèrent en dépit de cela par leurs actions influencer leur fin. Loki, qui viendra provoquer les dieux, reste tout de même imprévisible.
D'où peut-être l'espoir des Ases. D'autant plus que quelques survivants demeureront après cet événement majeur. Mais note optimiste, quatre Ases, un géant et un couple d'humains survivront. Peut-être que les acteurs en avaient connaissance et espéraient être de ceux-là.

Néanmoins, dans une logique plus tolkiennienne, je dirais que malgré un destin écrit par avance, il faut faire de son mieux, et ne pas se résigner.

Je crois que c'est la pensée de Frodon. Il sait qu'il va vers son destin, sa perte en allant au Mordor. Il sait qu'il n'en reviendra pas. Il faut le faire, quelles qu'en soient les conséquences.
Par contre Sam représente l'espoir que Frodon n'a plus. C'est lui qui tentera de modifier ce qui parait écrit...



Ă©quivalences

Pierre-Alexandre Paque - 29/04/1999

Loki : Morgoth ?
Odin : TĂşrin ?
Fenrir : Carcharoth ?
Tyr : Beren ?

Tous présentent des points très similaires, non ?



autres Ă©quivalences avec la mythologie Nordique

Daniel Gagnon - 30/04/1999

Loki : Morgoth ?
Loki n'est-il pas le frère d'Odin ? Mais Loki est le dieu de la malice, pas des ténèbres.

Odin : TĂşrin ?
Peut-être mieux, Odin : Manwë car Odin est un Dieu.

Je connais peu la mythologie des pays Nordiques mais je crois qu'Odin est le roi des Ases (ou Dieux) mais aussi le dieu des Morts puisque c'est lui qui accueille les guerriers tués au combat, que les Walkyries vont chercher sur les champs de batailles, à son festin au Walalha. Est-ce que le Walalha est situé à Asgard ?
Alors Odin serait Námo (Mandos) ? Je ne crois pas que l'on peut trouver une origine Scandinave aux Valar car je pense qu'il n'y a que peu de similitudes car Tolkien a puisé à plusieurs sources pour créer son monde secondaire.

Il faudrait peut être voir plutôt du côté particulier aux Anglo-Saxons pour trouver plus de similitudes (car je crois que les noms diffèrent un peu de ceux des Vikings : Woden = Odin ou quelque chose dans ce genre là.)

Fenrir : Carcharoth ?
C'est le Loup de la Fin du Monde !

Tyr : Beren ?
Tyr ? Est-ce une autre façon d'écrire Thor ?



la symbolique de l'Anneau

Claire Panier-Alix - 29/12/2001

Je crois que la confusion (entre les Anneaux de Pouvoir et l'Anneau de Melian) vient de la symbolique classique de l'anneau (forme) dans les mythologies (qui ne se réfère pas qu'au "bijou") et au terme utilisé. On connaît le serpent scandinave qui entoure le monde, par exemple, qui lui aussi est qualifié d'anneau.
Les anneaux pullulent, mĂŞme Platon en parle d'ailleurs, si l'on regarde bien, les anneaux tolkieniens ne sont pas tous simplement des anneaux comme l'Unique, la plupart semblent ĂŞtre des bagues...

Pour ce qui est du rapprochement entre Tolkien et Platon, il est évident et maintes fois évoquées par l'auteur lui-même dans sa correspondance : Tolkien était obsédé par le mythe de l'Atlantide tel que le rapporte Platon (le Timée), à cause d'un cauchemar qui le hantait depuis toujours et qui lui inspira directement le Silmarillion avec la chute de Númenor.

Par contre évidemment que Tolkien s'est inspiré des mythes scandinaves, ce n'est pas sur cette liste que je vais faire un scoop ! Mais il s'est aussi largement inspiré du reste aussi, et le thème de l'anneau est bien plus vaste que les seuls textes du Nord (que j'adore) :
Par exemple, dans le vrac et de façon non exhaustive : Pline raconte que la chute de la république romaine est directement liée à un anneau : une dispute entre le démagogue Drusus et le leader des sénateurs Caepius, au sujet de la possession d'un anneau, querelle qui aurait conduit à l'éclatement des guerres sociales jusqu'à l'effondrement de la république.
On trouve la même idée pour la chute de l'empire maritime vénitien (en fait la république de Venise) mais il s'agit de simples anneaux d'or par contre, dans toute l'histoire on retrouve des pratiques de dactylomancie, et on sait que cette utilisation des anneaux pour la divination et la magie était partie intégrante de la vie quotidienne, et pas seulement arguments mythiques ou littéraires.

Quelques faits historiques :
Byzance (370) sous l'empereur romain Valens : prophétie à l'aide d'un anneau suspendu au-dessus d'un cercle marqué des lettres de l'alphabet, l'anneau tourne et répond à la question : qui succèdera à l'empereur Valens. réponse : T-H-E-O-D... (cf. Gibbons, déclin et chute de l'empire romain)
1431 : Jeanne d'Arc est accusée d'utiliser des anneaux magiques pour enchanter et pour soigner.
1545 : Joalium de Cambrai raconte comment un jeune garçon est devenu esclave d'un anneau de cristal où il pouvait voir tous les démons qui s'y trouvaient enfermés et ce qu'ils exigeaient de lui ? Pour s'en défaire il dut briser l'anneau.
XVè siècle, à Venise : Pythonickes, sculpteur, possède un anneau enchanté (possédé par des esprits) qui menaçait de lui voler son âme. Son frère, religieux, dut détruire l'anneau à coup de marteau pour le sauver.
Dans l'Anglo-saxon Exeter Book (compilation de l'an 1000) on lit ceci : "j'ai entendu parler d'un anneau brillant qui intercédait en présence des hommes, bien que dépourvu de langue et ne criant pas à voix haute et ne s'exprimant pas avec des mots violents. Cette précieuse chose parlait devant les hommes tout en se taisant. Bien des êtres comprennent le mystérieux langage de l'or rouge, son discours magique".
Pendant l'antiquité romaine, le tyran de Phocide utilisait un procédé magique consistant dans l'utilisation des sons émis par le choc de deux anneaux de grande taille. De son côté, le roi de Rome, Numa Pompilius, utilisait la méthode divinatoire consistant à remplir un bol d'eau et d'y immerger un anneau suspendu au doigt. Suivant la question posée, l'anneau répondait en tapant le bord du bol un certain nombre de fois.

Côté littérature, on retrouve bien sûr le thème dans les légendes arthuriennes, et il y a un lien évident entre ces légendes, la quête du Graal, la saga Völsunga, Parsifal (Wagner)... Mais on retrouve le mythe de l'anneau dans les légendes (mythes) celtes et saxonnes, comme dans le Mabinogion (légendes galloises) où ils y a de nombreuses interventions d'anneaux magiques (comme celui qui rend invisible donné par dame Luned au héros Owain). Tolkien était spécialisé dans les folklores saxons, et il connaissait parfaitement ces légendes. Ses Elfes (et grosso modo leur épopée relatée dans Le Silmarillion et les Contes et Légendes Inachevés) sont directement nés des mythes celtes irlandais comme les "Thuatha de danann".
Les cycles héroïques teutoniques des anglo-saxons sont centrés sur le thème de l'anneau tel que la repris J.R.R Tolkien. Et bien sûr, le plus célèbre d'entre eux, que Tolkien étudiait et sur lequel il a écrit un ouvrage faisant référence, Beowulf... Mais bien sûr, Beowulf est une légende s'inspirant de la Völsunga me direz-vous je vais donc revenir sur des mythes plus anciens :
Les Grecs racontaient comment avait été forgé le premier anneau, à l'aube des temps, et cette légende est directement liée à l'arrivée des dieux puis à la création des hommes, dans un climat de guerre totale et apocalyptique...
L'anneau de Prométhée, qui n'est autre que l'un des maillons de ses chaînes... Cet anneau premier est intimement lié au forgeron, au feu, et au magicien, et les circonstances dans lesquelles il est forgé n'est pas sans rappeler l'histoire de Sauron, des elfes forgerons dupés...

Pour bâtir son oeuvre, le professeur Tolkien a utilisé toute l'étendue de sa culture légendaire ("folkloriste"), ses terreurs profondes (Atlantide) et bien sûr, ce qui pétri plus ou moins malgré nous notre culture occidentale, les sources dites bibliques. Dans sa structure et son fond, Le Silmarillion est une Bible, un Ancien Testament précis qui permet de suivre le récit historique qu'est Le Seigneur des Anneaux (et Bilbo avant lui). Dans la Bible, l'anneau est toujours rapproché au pouvoir du roi, et parfois comme détenteur de ce pouvoir lui-même. Il est un symbole avant tout. Sceau, cachet, simple anneau représentaient le pouvoir royal même en l'absence du roi, une sorte de délégation qui perdura durant toute l'histoire et qui contribua à attribuer à l'objet une sorte de pouvoir surnaturel, mystique. On connaît Joseph en Egypte, Moïse (souvent associé à l'utilisation d'anneaux magiques) et dont l'histoire (la marche vers la Terre Promise) n'est pas sans évoquer celles des Elfes vers l'Ouest, le Grand Voyage vers le pays des immortels.

Mais pour rester dans le cadre de l'anneau, on ne peut oublier le roi Salomon dont les pouvoirs magiques étaient associés à la détention d'un anneau magique, légende qui intéressa beaucoup Tolkien et qui lui inspira celle d'un roi-sorcier utilisant un anneau magique pour commander tous les démons de la terre. Salomon utilisa ces hordes démoniaques pour bâtir le temple de Moriah, et l'infâme Sauron utilise l'Anneau Unique pour bâtir la terrifiante tour de Mordor... Nous sommes loin, ici, ces mythes scandinaves ! D'autant que l'on retrouve, dans ce parallèle Salomon-Sauron, outre la similitude des noms, le côté corrupteur de l'anneau magique (Vopir le démon Asmodée qui corrompt le roi en profitant de son orgueil). Sauron, de son côté, fait comme Asmodée et corrompt le sage roi Ar-Pharazôn de Númenor, entraînant sa chute par la possession de l'anneau... On pourrait pousse le parallèle plus loin mais ce mail est déjà atrocement long.

Bien d'autres mythes se rapportent à l'anneau magique, anneau de pouvoir, anneau corrupteur etc. Ainsi, on peut évoquer les mandala d'or (celui de Gésar) et de fer (celui de Kurkar) tibétain (dont le détenteur, Gesar de Ling, est comme Sauron un forgeron magicien veillant sur des anneaux de pouvoir qui leur permettent de régner). L'anneau de Kurkar de Hor, lui, est comme celui de Sauron et devra lui aussi être jeté dans un volcan pour libérer le monde de son emprise maléfique. je passe sur la quête de l'anneau - spirituelle - de l'Inde, les anneaux de pouvoirs des légendes orientales (le génie de l'anneau d'Aladin était bien plus puissant que celui de la lampe), ou les anneaux de pouvoir en jade bleu des empereurs de Chine...

Bref, comme je le disais l'anneau, dans l'histoire et dans l'imaginaire de l'Humanité, c'est une vieille histoire...



l'Anneau et les mythes scandinaves

LĂ©o Lallot - 29/12/2001

Merci Claire pour toutes ces précisions si érudites, j'ajouterai toutefois quelques détails concernant les références aux mythes scandinaves : chez les Viking, plus encore peut-être que dans la Bible (et oui !) le symbole du pouvoir royal était un anneau (d'or généralement). Et pour plus de précisions encore, je vous renvois à l'excellent article de Didier Willis sur "Sauron, l'Anneau et le symbolisme du Dieu Lieur" :
http://www.geocities.com/Area51/Cavern/9443/tolk40.html



les histoires d'anneaux dans la littérature du XVIIème

"Arnaud "- 30/12/2001

Soyons fous, ajoutons à cette liste exhaustive et érudite un nouvel élément. On remarque que les histoires d'anneaux magiques entrent rapidement au giron de la littérature populaire. Au XVIIème par exemple, le plus grand succès de librairie (succès durable puisqu'il s'étendit sur une trentaine d'années) est un recueil de récits brefs appelé Histoires Tragiques, de François de Rosset, dont la particularité est de débuter avec l'histoire d'un complot politique instigué par une sorcière, Dragontine, possédant une bague magique : "Elle avait une bague où un esprit en forme de diamant était enchâssé qui avait cette vertu que, quand elle la mettait dans la bouche et qu'elle parlait [...], elle obtenait tout ce qu'elle désirait". Le motif de l'anneau magique, un anneau qui posséderait une volonté propre, apte à conférer à son possesseur un pouvoir politique des plus importants (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?) est en effet vieux comme le monde.



anneau de Gygès

"Eglantine" - 31/12/2001

Oui, il y a aussi, dans l'antiquité romaine, la légende de l'anneau de Gygès, qui rendait invisible son possesseur s'il en tournait le chaton (car c'était une bague). Un de ses possesseurs parvint ainsi à devenir - si je me souviens bien - le roi de Libye.

En tout cas, chapeau pour ta liste Claire !



Odin - la mutilation

David Nakache - 03/01/2002

Tout d'abord merci pour le lien vers l'article de Didier Willis, ensuite quelques remarques sur celui auquel tu renvois, sur le Dieu-Lieur : effectivement la thèse semble juste sur l'application de la catégorie dumézilienne du Dieu-lieur à Sauron mais ce qui fait problème c'est l'argumentation qui "force" le rapprochement. Je m'explique...

1. Sauron est comparé à Odin en ceci que de son trône il voit tout et sait tout. Didier Willis va même jusqu'à comparer Sauron dans la Tour Sombre à d'Odin à Asgard, or si Sauron voit, c'est par une Palantír et non par sa vue physique. Si l'on doit comparer un personnage de Tolkien à Odin ce serait plutôt Manwë sur le Taniquetil dont la vue perce l'obscurité même et qui est renseigné par des oiseaux (aigles et faucons) comme Odin dont les corbeaux parcourent le monde pour venir lui raconter ce qu'ils ont vu (voir Le Silmarillion, chap. 1).

2. Je cite : "Du reste, nous apprenons au Conseil d'Elrond qu'il eut un doigt arraché lorsque l'Anneau lui fut enlevé pour la première fois : c'est donc un être borgne et mutilé. Dans la mythologie nordique, Odin (premier aspect de la fonction souveraine, sorcier et " lieur ") laisse un oeil pour acquérir le savoir, et Týr (deuxième aspect de la fonction souveraine, juriste) perd un bras pour préserver l'ordre divin. La mutilation sacerdotale de l'œil et celle, guerrière, du bras sont des symboles récurrents dans l'idéologie indo-européenne". La seule différence (et elle est de taille) c'est qu'Odin et Tyr ont fait le sacrifice du membre perdu pour la connaissance de l'avenir (Odin) ou la sauvegarde du monde (Tyr). Si mutilation il y a elle est volontaire et c'est cette volonté sacrificielle qui rend la mutilation initiatique. C'est une épreuve qui ne peut être réussi que par le choix de la mutilation. Or Sauron ne choisit pas de perdre un doigt !

3. Lorsque Didier Willis compare Odin et Sauron sur la création du langage il confond Sauron, Melkor et Ilúvatar.

Je crois que l'idée était bonne mais qu'il aurait fallu développer plus rigoureusement la comparaison. De plus la nature de la "liaison" est ici passée sous silence : pourquoi Odin ou Sauron on-t-ils besoin de lier à eux les hommes ? C'est alors seulement que la comparaison peut être soutenue ou rejetée...



Tolkien, une vision très judéo-chrétienne

"Arnaud" - 04/01/2002

Tout Ă  fait d'accord mais je voudrais ajouter quelques petites choses inutiles :

Sur le premier point, disons simplement que l'omniscience de Sauron "contrefait" l'omniscience de Manwë. Tolkien sembla avoir eu une vision très judéo-chrétienne du bien et du mal, le "méchant" n'étant finalement que celui qui fabrique par artifices des répliques perverties de ce qui fut crée. Sauron, tout comme Morgoth grand façonneur de contrefaçons devant l'éternel (cf. les Orques à l'exemple des Elfes, les Trolls à l'exemple des Ents, etc.), ne peut que s'approprier les propriétés divines du Vala, dans le but à la fois d'en profiter pleinement, en voleur satisfait de sa nouvelle acquisition, et d'en pervertir la fonction : l'omniscience du Vala est vigilante et magnanime, celle de Sauron n'en est qu'une terrible parodie, effrayante et cruelle.

Il semble que les Dieux aient ressenti le besoin très tôt de s'appuyer sur le monde des hommes pour légitimer leurs bonnes (ou mauvaises oeuvres). Mais cela demanderait quelques milliers de pages de thèse de philo pour expliciter ce mystère. Y compris dans l'Ancien Testament, Dieu ressent très tôt le besoin de conclure une alliance entre les hommes, alliance consacrée par le rituel de circoncision, qui, sans rentrer dans les détails, participe d'une même dynamique de circularité, tout comme les... anneaux.

Nous tenons à remercier Alain Anselmet, Cédric Fockeu, Claire Panier-Alix, Pierre-Alexandre Paque, Daniel Gagnon, Léo Lallot, "Arnaud", "Églantine" et David Nakache pour leurs contributions.
Discussion compilée par Guilhemette Ambroise et un compilateur anonyme




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Dernière mise à jour : 2006-04-03 16:28
Auteur : Lilith

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